Faire du compost maison : 2/3 humides, 1/3 secs et les déchets à éviter
Faire du compost consiste à transformer les déchets organiques de la cuisine et du jardin en amendement naturel pour les plantes. La méthode reste simple, à condition de suivre trois réflexes : varier les apports, équilibrer matières humides et matières sèches, puis aérer régulièrement. Avec un tas au jardin, un composteur ou un lombricomposteur d’appartement, l’objectif est le même : obtenir une matière utile au sol.
Comprendre le compost avant de commencer
Le compost est le résultat de la décomposition de déchets organiques par des micro-organismes et de petits animaux, comme les bactéries, les champignons et les vers de terre. Ils transforment peu à peu les épluchures, feuilles mortes, tontes ou brindilles en une matière proche d’un terreau, utilisée comme amendement organique.
Son intérêt est aussi très concret pour le quotidien. Selon STIGA, qui cite des études de l’ADEME, chaque ménage français produit 580 kilos de déchets par an, dont un tiers de biodéchets. Composter permet donc de réduire le volume de la poubelle, de valoriser localement une partie de ces matières et d’éviter certains trajets vers la déchetterie pour les déchets de jardin.
Le compost nourrit aussi le sol. Contrairement à un engrais qui apporte surtout des éléments nutritifs, un amendement améliore la structure de la terre : elle retient mieux l’eau et les nutriments, devient plus vivante et soutient mieux le potager, les fleurs, les arbustes ou les plantes en bac. Gamm Vert présente d’ailleurs le compost comme un fertilisant 100% naturel, capable de réduire le recours aux engrais, au terreau et à l’eau.
Choisir la bonne solution selon son logement
Il n’est pas indispensable d’acheter un composteur pour démarrer. La meilleure solution dépend surtout de l’espace disponible, de la quantité de déchets produits et du niveau d’entretien que vous acceptez.
Guide pratique du compostage en établissement | Découvrez la méthode officielle de l’ADEME pour mettre en place et gérer efficacement le compostage au sein de votre structure.
| Solution | Pour qui ? | Entretien | Point fort |
|---|---|---|---|
| Tas au jardin | Jardin avec un coin disponible | Brassage et surveillance de l’humidité | Simple, économique, sans matériel spécifique |
| Composteur de jardin | Petit ou moyen jardin | Ajouts réguliers, aération, retournement | Plus propre visuellement, protège mieux le tas |
| Composteur d’appartement | Cuisine, balcon, espace réduit | Apports maîtrisés, vigilance sur les odeurs | Permet de trier ses biodéchets sans jardin |
| Lombricompostage | Appartement ou foyer urbain | Suivi des vers et des apports | Ceercle présente le processus comme environ 4 fois plus rapide |
Où installer son compost au jardin ?
Le MNHN recommande d’installer la zone de compost plutôt à l’ombre. Un emplacement semi-abrité limite le dessèchement en été et les excès d’eau en période pluvieuse. Prévoyez aussi assez de place pour déposer les matières, mélanger les couches et accéder facilement avec une fourche.
Un compost fonctionne mieux avec des apports réguliers qu’avec une grosse masse ajoutée d’un seul coup. Si vous versez trop de tontes fraîches d’un coup, la matière se tasse, l’air circule moins bien et les odeurs peuvent apparaître. En ajoutant par étapes des feuilles mortes, du carton ou des brindilles, vous gardez une texture plus souple et plus facile à travailler.
Et en appartement ?
En intérieur, il faut composter avec plus de mesure. Les apports doivent être coupés en petits morceaux, les déchets très odorants évités et l’équilibre sec/humide surveillé. Le lombricompostage utilise des vers de compost pour accélérer la transformation ; chez Ceercle, il est présenté comme une solution ne nécessitant ni humidification ni retournement, les vers assurant une grande partie du travail.
Que mettre dans un compost, et quoi éviter ?
Un bon compost vient d’un mélange varié. Les déchets de cuisine apportent souvent de l’humidité et de l’azote ; les déchets du jardin, le carton ou les feuilles mortes apportent de la structure et du carbone. Le plus simple est de garder à proximité un petit stock de matières sèches pour couvrir les apports humides et maintenir un bon équilibre.
| À composter facilement | À composter avec précaution | À éviter |
|---|---|---|
| Épluchures de fruits et légumes, marc de café, thé, filtres à café, coquilles d’œufs écrasées | Pain en petites quantités, restes de repas selon les consignes locales, mouchoirs en papier non souillés chimiquement | Viande, poissons, crustacés, produits laitiers |
| Fleurs fanées, feuilles, herbe coupée en fine couche, tontes de pelouse, brindilles | Agrumes et ail en quantité limitée, car ils peuvent ralentir l’équilibre du compost | Végétaux malades ou traités, plantes montées en graines |
| Feuilles mortes, cartons bruns découpés, papier non imprimé, foin, bois sec, sciure de bois | Branches fines ou tailles d’arbustes, à condition de les broyer ou de les couper | Déchets alimentaires nécessitant un traitement professionnel selon STIGA pour éviter tout risque sanitaire |
Pourquoi broyer ou couper les déchets volumineux ?
Les branches, tailles de haies, déchets ligneux ou gros restes végétaux se décomposent plus lentement s’ils sont ajoutés tels quels. Les couper en morceaux ou les broyer augmente la surface de contact avec les micro-organismes. Le compost reste aussi plus facile à brasser, moins compact et mieux oxygéné.
La méthode pas à pas pour réussir son compost
Le compostage n’a rien de compliqué si vous installez une routine. Le plus important est d’éviter les apports massifs d’une seule matière, surtout les tontes fraîches ou les épluchures très humides.
- Préparez l’emplacement : choisissez un coin ombragé, accessible, directement en contact avec le sol si vous compostez au jardin.
- Déposez une base structurante : quelques brindilles, feuilles mortes ou morceaux de carton facilitent la circulation de l’air.
- Ajoutez les déchets humides : épluchures, marc de café, thé, herbe fraîche ou fleurs fanées.
- Couvrez avec du sec : feuilles mortes, carton découpé, foin, bois broyé ou papier non imprimé.
- Mélangez légèrement : cela évite les paquets compacts et répartit mieux l’humidité.
- Aérez régulièrement : selon le MNHN, retourner le compost une fois par mois avec une fourche permet à l’air de pénétrer dans toutes les couches.
2/3 humides, 1/3 secs ou 50/50 : quelle proportion suivre ?
Deux repères circulent souvent. Le MNHN mentionne une proportion possible de 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches. Ceercle recommande plutôt un mélange 50/50 entre déchets verts et déchets bruns. En pratique, ces deux approches poursuivent le même but : éviter un compost détrempé ou, à l’inverse, trop sec.
Pour un débutant, le bon réflexe est visuel et simple : après chaque apport humide, ajoutez une couche de sec. Si le compost sent mauvais ou colle en paquets, augmentez les matières brunes. S’il ne change presque pas et paraît poussiéreux, ajoutez davantage de matières fraîches ou humidifiez légèrement.
Entretenir son compost et corriger les erreurs courantes
Un compost vivant change d’aspect au fil des apports. Il peut être chaud, humide, fibreux, plus ou moins compact. Ces variations sont normales, à condition de garder de l’air, une humidité modérée et une vraie diversité de matières.
Si le compost sent mauvais
Une mauvaise odeur signale souvent un manque d’air ou un excès de matières humides. Mélangez avec une fourche, ajoutez des feuilles mortes, du carton découpé, des brindilles ou du bois broyé, puis évitez pendant quelques jours les gros apports d’épluchures et de tontes fraîches.
Si le compost est trop sec ou trop lent
Un compost trop sec se décompose mal, car les micro-organismes ont besoin d’humidité pour agir. Ajoutez des matières fraîches, coupez-les en petits morceaux et mélangez. Si nécessaire, humidifiez légèrement, sans détremper. La lenteur peut aussi venir d’éléments trop gros : branches, trognons épais ou feuilles coriaces gagnent à être fragmentés.
Si des moucherons apparaissent
Les moucherons sont fréquents lorsque les déchets de cuisine restent exposés en surface. Couvrez systématiquement les épluchures avec une couche de matières sèches. En appartement, réduisez les apports très sucrés, coupez les déchets en petits morceaux et refermez correctement le composteur ou le lombricomposteur.
Compost, biodéchets et geste écologique au quotidien
Le compostage s’inscrit dans une logique de tri à la source des biodéchets : séparer les matières organiques avant qu’elles ne soient mélangées aux ordures ménagères. STIGA rappelle que les biodéchets sont définis par l’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement et cite la loi de transition énergétique pour une croissance verte concernant l’obligation de tri à la source au niveau des collectivités.
Pour un foyer, l’intérêt est très concret : moins de déchets dans la poubelle, un sol plus fertile, moins d’achats de terreau ou d’engrais, et une meilleure compréhension du cycle de la matière organique. Même un petit composteur d’appartement ou un lombricomposteur permet de commencer à son échelle, surtout si l’on cuisine régulièrement des fruits et légumes.
Le compost réussi n’est pas une recette figée, mais un équilibre à observer. Variez les apports, couvrez l’humide avec du sec, aérez une fois par mois si vous compostez au jardin, et écartez les déchets à risque comme viande, poisson, produits laitiers, végétaux malades ou traités. Avec ces bases, vos biodéchets cessent d’être un problème : ils deviennent une ressource utile pour la terre.



